Profitez des premiers frimas de l’automne et d’un ras-de-bol-de-Paris passager pour vous évader ! Bien sûr, il ne s’agit pas de franchir les fuseaux horaires et de survoler les océans mais simplement, de respirer le bon air de la forêt et de pédaler cheveux au vent, le temps d’un week end vraiment dépaysant. A seulement 45 minutes de Paris en train, la ville de Compiègne est archi-facile à relier depuis la Gare du Nord. Alors, embarquez vos vélos, dans le wagon dédié à cet effet, avant de vous lancer pour une folle épopée sur les pistes cyclables tapissées de feuilles dorées. Testé et approuvé ? Oui ! Démonstration.

A deux pas de l’hippodrome de Compiègne, une piste cyclable timide et indiquée par un panneau en direction de Pierrefonds et Saint-Jean-aux-Bois, s’engage dans la forêt. Le 3ème massif forestier de France et la plus grande forêt de Picardie avec ses 15 000 hectares de hêtres, de chênes séculaires et de charmes !

L’itinéraire conseillé ? Facile, le parcours forme une boucle (comme vous pouvez le constater sur le plan ci-dessus) qui passe par la bourgade de Saint-Jean-aux-Bois, puis celle de Pierrefonds avant de revenir à Compiègne. Et, même si vous ne possédez pas de VTT, pas de panique la piste est un joli tapis de bitume carrossable par tous les vélos. De mon côté, je suis partie avec ma fidèle et vieille carcasse de bicyclette dont le pneu avant m’avait fait la surprise d’une crevaison, la veille du départ. Mais tout est possible, la preuve !

Engagez-vous donc sur la piste, qui borde, les deux premiers kilomètres, une route. Très vite, le bruit des voitures devient un nébuleux souvenir car la voie s’engage en plein cœur de la forêt au beau milieu d’un éden de feuilles dorées, de champignons spongieux et d’arbres centenaires… Ce premier jour, il pleuvait. Une pluie fine qui soulignait, avec délice, les odeurs de terre mouillée et d’écorce du massif forestier. Je n’ai pas eu la chance de faire une jolie récolte de cèpes mais les spécimens de champignons que j’ai pu croiser offraient des visions féériques.

Au bout d’1H30 (en pédalant doucement), faites une halte dans le petit village de Saint-Jean-Aux-Bois. Son église abbatiale du 13ème siècle et la salle capitulaire qui la jouxte méritent le détour. Sans compter les adorables maisonnettes et les deux petites tours qui permettent d’y accéder. Pour ma part, j’ai décidé de prolonger la halte par une nuitée bien méritée à l’Auberge A la bonne idée .

Cet ancien Relai constitue une halte coquette et confortable pour se remettre des émois de la forêt. Un restaurant étoilé, un bar avec cheminée et des chambres douillettes… Tout y est, le charme opère ! Pour se restaurer, nous avons opté pour le second (et dernier) établissement de la commune : le restaurant La Fontaine Saint-Jean labellisé Bistrot de Pays. Au menu : terrine de campagne, daube de sanglier, biche et champignons de la forêt. Des plats du terroir, rustiques et délicieux, confectionnés avec ces légumes dont j’ai pu avoir un aperçu sur le marché de Compiègne qui a lieu tous les samedis matins.

Dimanche, 10h, seconde crevaison. Mon pneu arrière a rendu l’âme pendant la nuit. Décidément ! Après quelques réparations de rigueur, nous revoilà en piste ! Seulement 5 km nous séparent de la ville de Pierrefonds. La voie devient un peu plus escarpée avec de légers dénivelés et de belles descentes à virages contrôlés.

Aujourd’hui, un rayon de soleil baigne la forêt du petit Poucet et le château de Pierrefonds émerge tout doucement de ses brumes… Etalée autour d’un étang, la ville a connu son apogée au XIXème siècle alors qu’elle était une station thermale mondaine grâce à la présence d’eau sulfureuse.

On peut déjeuner au bord de l’étang et même faire une excursion à pédalo ! La place du village animée est surplombée par le château tout droit sorti d’un conte de fées. Impossible de passer à côté de la visite. Démantelé au XVIIème siècle et recréé au XIXème siècle par l’architecte Viollet-le-Duc, il « interprète » et revisite le Moyen-âge dans toute sa splendeur. Le décor tout végétal des vastes pièces, annonce, lui, l’Art Nouveau tandis que les boiseries et sculptures du plafond feront « fureur » 50 ans plus tard.
Un dernier au-revoir à Pierrefonds, mon coup de cœur et clou de la balade, pour reprendre la route vers Compiègne. Savourez les 11 derniers kilomètres de pistes et les couleurs flamboyantes des ramures automnales, savourez la forêt et écoutez les branches craquer. Paris n’est qu’à 65 km de là et pourtant, tout est oublié !
Plus d’infos à l’office de Tourisme de Compiègne au 03 44 40 01 00. Et, si vous n’habitez pas à Paris, vous pouvez organiser votre séjour dans la capitale sur Expedia.fr