Dimanche découverte

Des idées de sorties, de détours et de balades décalées pour un dimanche insolite.

Esquisser les contours de la semaine à venir dans une chambre d’hôtel colorée ? C’est là tout le charme bohème, chic et gai de l’Hôtel Crayon ! Ce boutique-Hôtel réinvente la chambre d’hôte à la parisienne et vous promet un séjour “chromothérapie” (interprétation libre) à compléter d’une bonne cure de chocolat noir pour se sentir vraiment re-boosté !

Moelleuses et friendly les 26 chambres de l’hôtel ont pris des couleurs sous l’influence de l’artiste-décoratrice Julie Gauthron et de Christophe Sauvage. Au rez-de-chaussée, un nuancier donne le ton. Quelle chambre vais-je choisir ? Vert-espoir, bleu-rêverie, jaune-tonique, rouge-passion ?

Cerise sur le gâteau, dans l’ascenseur est affichée la playlist des parfums d’ambiance que l’on peut diffuser dans sa chambre. “Haussemannien” :  senteurs sucrées avec des notes de bois et de cuir, “Retour de marche” : senteurs de légumes méditerranéens, tomates ou poivrons gorgés de soleil, “Ikebana” : senteurs de mousse et de rosée matinale… Hummm. A chaque étage, des tapisseries graphiques donnent le ton ! Tous comme les étages, différents les uns des autres, aucune chambre ne se ressemble.

Leur point commun ? Une âme chineuse et des meubles vintage customisés et glanés aux Puces de Saint Ouen, à Nice, à Lyon ou à Marseille. Des lampes 70′S, des armoires industrielles, des photos de famille en noir et blanc, le portrait d’une grand-mère, un beau parquet vieilli, des téléphones rétros… Le Crayon est un patchwork de styles aussi chaleureux qu’une maison de famille.

Si vous le pouvez, installez-vous dans L’Exquise Esquisse, la plus grande chambre située au quatrième étage de l’hôtel. Cette suite, taggée de papiers peints graphiques est enrichie d’un secrétaire danois et d’une gigantesque salle de bain. Sur les murs, une fresque enfantine, autorise les bambins à “colorier” joyeusement les dessins ! Dingue, non ?

Petit rappel au papier peint du premier étage où l’on croise des visages rieurs dessinés au stylo bille ou aux jolies silhouettes tatouées sur les murs de chambres…

Au rez-de-chaussée, un salon chaleureux accueille les visiteurs. On a tout de suite envie de se vautrer sur le canapé danois des années 50 pour feuilleter un magazine à la lueur des suspensions noir et or Dixon. Un grand mur blanc fait office de galerie d’artistes et abrite des créations toutes poétiques. Plus loin, l’honesty bar épate avec son frigo en libre service ! Confiance absolue.  Il suffit simplement de lister ses “extras” au moment du départ. Bref, on s’y sent bien dans cet hôtel Crayon, comme à la maison… Si bien qu’on y poserait presque ses valises pour quelques mois.

Hôtel Crayon, 25, rue du Bouloi, 75001. Tél. 01 42 36 54 19. Chambres entre 100 € et 400 €


Poupoupidou ! Le 15ème arrondissement, celui des buildings aseptisés, se réfugie sous les couettes douillettes des 46 chambres du Platine Hôtel. Bienvenue dans le décor de cinéma de Marilyn Monroe, la mythique, pour vivre un dimanche de grasse matinée complètement hollywoodienne…

L’atmosphère fifties, les projecteurs anciens ou les vieux films diffusés en boucle dans l’ascenseur… Le décor est planté, l’architecte d’intérieur Vincent Bastie a littéralement scénarisé les différentes pièces de l’hôtel. Glamour, vintage et élégance. Entre moquette et sol en damier, on flotte dans un univers ouaté.

Les chambres rétro se partagent 4 thématiques où alternent le rose et le doré chers à la pin-up dont les portraits, signés André de Dienes et Georges Barris, sont exposés un peu partout ! Tête de lit, plafond, coupures de journaux, Marilyn Monroe minaude et parade dans chaque pièce. Il faut avouer que le lit rond, la moquette jonchée d’imprimés “rose” et les triples rangées d’oreillers lui vont à ravir et nous donneraient envie de prolonger la grasse matinée.

Un escalier psychédélique ou un ascenseur où l’on passerait bien des heures (des vieux films y sont projetés) desservent les différents étages et vous ramènent au rez-de-chaussée. A chacun son style !

Le petit déj’ est servi dans une sorte de diner à l’américaine, qui m’a rappelé le décor de l’Happy days diner dont je vous avais déjà parlé. Au bar, fauteuils vintages, moquette et mobilier chiné donnent envie de feuilleter un beau livre de photos en sirotant un thé noir au gingembre.

En tout cas, si vous cherchez un petit hôtel cosy et décalé pour vivre la plus vibrante des matinées, consacrez votre dimanche ou votre week end entier au Platine Hôtel. Ne vous fiez pas aux alentours bétonnés, ce petit coin d’âme a de quoi réchauffer vos envies de voyage outre-Atlantique.

Platine Hotel, 20, rue de l’Ingénieur Robert Keller, 75015. Tél. 01 45 71 15 15


Le quartier de la Gare de Lyon est souvent boudé des piétons ! Erreur… Il existe un lieu préservé de la grisaille hivernale et du brouhaha des grands boulevards. J’ai nommé : la  très bucolique rue Crémieux. Ici, 35 petits pavillons de 2 étages maxi défilent en rang d’oignon de part et d’autre de la ruelle pavée… Et, sur les façades, gît un drôle de bestiaire. Ouvrez les yeux.

Le 28 janvier 1910, une terrible inondation submergea la ruelle et l’eau monta jusqu’à 1m75. Pies, papillons, chatons… Tout ce petit monde trouva refuge sur les façades des maisons ! (Enfin, c’est ma version). De courses poursuites en petit banditisme, félins et volatiles s’offrent, depuis, de sacrées aventures. Observez cette pie détenant une bague dorée dans son bec ou ce chat, prêt à éventrer une famille de moineaux. La glycine, elle, fleurit toute l’année et sert de perchoir aux papillons enchantés. Chacun sa version mais il faut avouer que ces façades colorées, qui font penser au joli quartier de Notting Hill, ont de quoi stimuler l’imagination. Non ?

Construite en 1857, la rue piétonne porte le nom d’un personnage politique et avocat : Adolphe Crémieux. Ravis de l’apprendre me direz-vous (?). Ses origines justifient, en partie, sa petite allure de cité ouvrière du XIXème dont le confort et le calme étaient déjà vantés aux quatre coins de Paris. Nous qui sommes habitués à trouver porte close, un portail avec digicode ou une gardienne méfiante, je dois avouer qu’il est quasi inespéré de pouvoir gambader ici librement.

Au n°25, un hôtel sans étoile joue la carte du mystère. Un numéro de téléphone qui sonne dans le vide, une porte bien fermée. Y êtes-vous déjà allés ? En tout cas, n’hésitez pas à faire escale par ici. Un dimanche se rêve en bleu, rose et vert à Paris…


17
December
 

Dimanche dernier, j’ai poussé la curiosité jusqu’au Musée Albert Khan, à Boulogne pour voir l’exposition photo “La Mongolie entre deux ères 1912-1913″. Un témoignage historique particulièrement riche, j’ai adoré ! Heureusement, vous avez jusqu’au mois de septembre pour venir admirer ces clichés vieillis d’un autre siècle et ces visages d’hommes et de femmes morts depuis des décennies. Et, puis j’ai découvert les jardins du Musée, moi qui pensais qu’en hiver ils ne présenteraient aucun intérêt ! Je me trompais…

Difficile, oui, de soupçonner l’existence de somptueux jardins, ici, à deux pas du pont de St Cloud ! C’est Albert Khan, un petit prodige de la spéculation boursière et mécène qui aménagea ces jardins répartis sur 4 hectares à la fin du XIXème siècle. Grand idéaliste, ce dernier prônait le dialogue “entre les peuples”. C’est pourquoi, l’on trouve ici un fabuleux mélange de jardins japonais, français, anglais, forêt vosgienne, forêt dorée, bleue, prairie et même, un marais !

Mais ce qui frappe et qui émerveille en arrivant ici, c’est la grâce raffinée du jardin japonais qui entoure le musée. Alentours, ce ne sont que petites pagodes, habitations traditionnelles, chemins de pierres permettant de traverser les ruisseaux ou de “marcher sur l’eau“, petits ponts et passerelles… Dans une harmonie de plantes grasses, de bonsaïs et de cerisiers japonais. La poésie incarnée !

Même si le paysage doit être incontestablement plus joli au printemps, j’ai été surprise par les variations de la lumière d’hiver sur les petits galets ou les perspectives qu’offrent les branches dénudées. La balade s’effectue comme l’on visiterait un royaume en miniature. Chaque détail compte et les poissons, eux même, ont l’air de méditer sous l’eau.

Tout au bout du jardin japonais, l’on aperçoit la roseraie et le jardin à la française avec ses vergers. Une serre, belle comme un morceau de sucre, abrite une prolifération de plantes grasses et tropicales bien trop frileuses pour rester dehors ! Venez, sortez vos appareils photos !

Musée Albert Khan, 10-14, rue du Port, 92100 Boulogne-Billancourt. M° Pont de St Cloud. Tél. 01 55 19 28 00 Ouvert de 11h à 17h40 en hiver. Entrée : 3 €

Vive la (proche) banlieue et ses charmes discrets… Ce dimanche, je vous emmène en balade du côté du Pont de Levallois, tout au bout de l’interminable ligne 3 (allez !). Là, sur la Seine, s’attarde l’île de la Jatte, sorte de tapis vert planqué à l’ombre des bureaux. Mi-parc flottant, mi-quartier résidentiel, l’île de la Jatte déroule son lacet de berges et redore le blason… de la promenade du dimanche.

Aventuriers, rêveurs ou sportifs incompris, si vous pensiez déambuler à la queuleuleu sur un seul et unique sentier : vous vous trompez ! Le pont de Levallois fait office de carrefour stratégique et offre de multiples possibilités : à vous de jouer. La première option consiste à emprunter le petit escalier qui mène au parc de l’île (il se situe sur le trottoir gauche du pont). 2 km d’oisiveté nonchalante s’offrent à vous dans un dédale de pelouses, à la merci d’un rucher et à la découverte d’un petit quartier pavillonnaire aux allures d’Angleterre huppée.  Sur les communes de Neuilly et de Levallois et face à Courbevoie, 5000 habitants cohabitent sur cet îlot où l’immobilier atteint des sommets !

Rendue célèbre par les peintres impressionnistes, l’île débouche sur le belvédère enchanté du “Jardin du temple de l’amour”. Une dizaine de terrains de tennis en terre battue brisent la rêverie et font résonner des parties acharnées sur les derniers m² de votre parcours. Pour le retour, empruntez le sentier latéral dessiné sur les berges. 16 cygnes d’une blancheur pimpante constituent la curieuse escorte d’un dimanche ensoleillé…

Autre option : rester à quai. A droite du pont de Levallois, les péniches cubiques et stylisées donnent des airs de petit port futuriste à ce coin de quai. Jusqu’au pont d’Asnières, des pelouses, un restaurant bateau et même, une plage artificielle servent un paysage bucolique inespéré au promeneur du dimanche.

Face à l’île de la Jatte, la Seine ressert son débit sous un rideau de saules pleureurs et la randonnée se poursuit jusqu’à Neuilly ! Allez-y, égarez-vous, empruntez les petites passerelles qui surgissent au hasard du chemin et revenez sur vos pas. Les berges de l’Ile de la Jatte et de Levallois offrent un itinéraire inclassable.

> Pour y aller : Métro ligne 3, Pont de Levallois Bécon
> Pour se restaurer : Café de la Jatte et l’Ô Restaurant