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Au top mon style ?

Le quartier de la Gare de Lyon est souvent boudé des piétons ! Erreur… Il existe un lieu préservé de la grisaille hivernale et du brouhaha des grands boulevards. J’ai nommé : la  très bucolique rue Crémieux. Ici, 35 petits pavillons de 2 étages maxi défilent en rang d’oignon de part et d’autre de la ruelle pavée… Et, sur les façades, gît un drôle de bestiaire. Ouvrez les yeux.

Le 28 janvier 1910, une terrible inondation submergea la ruelle et l’eau monta jusqu’à 1m75. Pies, papillons, chatons… Tout ce petit monde trouva refuge sur les façades des maisons ! (Enfin, c’est ma version). De courses poursuites en petit banditisme, félins et volatiles s’offrent, depuis, de sacrées aventures. Observez cette pie détenant une bague dorée dans son bec ou ce chat, prêt à éventrer une famille de moineaux. La glycine, elle, fleurit toute l’année et sert de perchoir aux papillons enchantés. Chacun sa version mais il faut avouer que ces façades colorées, qui font penser au joli quartier de Notting Hill, ont de quoi stimuler l’imagination. Non ?

Construite en 1857, la rue piétonne porte le nom d’un personnage politique et avocat : Adolphe Crémieux. Ravis de l’apprendre me direz-vous (?). Ses origines justifient, en partie, sa petite allure de cité ouvrière du XIXème dont le confort et le calme étaient déjà vantés aux quatre coins de Paris. Nous qui sommes habitués à trouver porte close, un portail avec digicode ou une gardienne méfiante, je dois avouer qu’il est quasi inespéré de pouvoir gambader ici librement.

Au n°25, un hôtel sans étoile joue la carte du mystère. Un numéro de téléphone qui sonne dans le vide, une porte bien fermée. Y êtes-vous déjà allés ? En tout cas, n’hésitez pas à faire escale par ici. Un dimanche se rêve en bleu, rose et vert à Paris…


Je sais, je vous ai un peu délaissés ces derniers temps… Et ce n’est pas sans impatience que je reprends mon clavier afin de vous présenter une petite douceur pour attaquer l’automne en beauté. Ce dimanche, découvrez L’Echappée, un spa urbain qui mixe à la fois bassin, hammam, soins du corps, gymnastique et restaurant. Rendez-vous rue de la Folie Méricourt, dans le 11ème, pour un dimanche entier passé à se chouchouter.

Rien à voir avec un institut tradi ou un complexe salle de fitness + hammam aseptisé. Ici, ça sent le style, le zen et le cocooning. Bienvenue dans un espace de 800m², sorte de loft à ciel ouvert avec sa verrière et sa déco industrielle. La salle principale donne le ton avec le superbe bassin chauffé à 35°C et équipé de jet-stream, canons à eau, bancs hydromassants et chromothérapie. Tout autour, des chaises longues autorisent la farniente en peignoir avec tisane et magazine girly.

Un hammam (salle chaude et salle tiède of course) permet de fondre avant de passer à la table… de gommage au savon noir et de craquer pour un petit enveloppement au rassoul. Au sous-sol, des cabines, taillées dans la pierre brutes des anciennes caves voûtées du lieu, se consacrent au massage. Ayurvédique ? La technique indienne mêle pressions ciblées et détente à l’huile de sésame chaude. Shiatsu, pierres chaudes ou thaïlandais tradi (ooooouiiiille) sont aussi à la carte. Qu’il est bon d’errer, d’une pièce à l’autre, en peignoir et chaussons fourrés avec pour seule destination : un bâillement, le bien-être : AHHHHH !

Et, parce que le lieu convoque TOUS les sens, rendez-vous à l’étage pour un brunch, un wok ou un plat de lasagne végétariennes à déguster dans un fauteuil club ou sur une table haute. L’ambiance est animée et chaleureuse. Rien à voir avec le restaurant diététique froid et impersonnel d’un centre de thalasso. Le brunch à 25 € vaut le détour car tout est fait maison. Crêpes, pancakes, pain perdu mais aussi carrot cake et tartes aux légumes que l’on savoure en tournant les pages d’un bouquin abandonné sur une étagère… Le temps s’étire et l’on se prélasse dans un lieu contemporain et sans ostentation. Mais le plaisir à une contrainte : il faut réserver :) ! Bon dimanche à Paris.

Accès au hammam, bassins et espace de relaxation : 35 €. Formule hammam orientale classique (bains-hammam-gommage au savon noir) : 50 €. Brunch : 25 € et Massages à partir de 80 €. Le lieu propose également une salle de sport, une salle de Ashtanga Yoga et Hatha yoga, pilates.

L’Echappée, 64, rue de la folie Méricourt, 75011. Tel. 01 58 30 12 50


Voilà, j’avoue. Cela fait un moment que j’ai envie de franchir les barrières guindées et les porches des grands hôtels parisiens… ET, il se trouve qu’un dimanche soir, après avoir siroté un cocktail baudelairien à l’Hôtel Burgundy avec ma copine Ludivine, nous sommes passées devant le Mandarin Oriental. Un bâtiment historique classé des années 30 et doté d’un palace de 8 étages (oui!) et d’un jardin paysager. La suite ? Une visite organisée en petit comité pour arpenter les méandres de cet écrin haute-couture et pousser la porte de quelques unes de ses 138 chambres et suites, les plus spacieuses de Paris...

La romance, comme pour les histoires d’amour un peu chétives, débute dans un hall d’entrée… Le lobby du Mandarin, lui, possède un symbole nommé liberté, une immense sculpture signée Nathalie Decoster et suspendue dans les airs au-dessus d’une banquette veloutée… (à méditer). Le plafond lui fait écho, comme une promesse, tatouée de feuilles d’or, auquel les alcôves réparties sur les deux tranchées circulaires font écho. En fait, pour être bref, le Mandarin Oriental, c’est une sorte de musée à ciel tamisé. Voilà.

Lobby, chambres et Spa sont signés Sybille de Margerie. De sa malle à trésor haute-couture, s’évade une nuée de papillons imprimés, cousus ou brodés et que l’on retrouve au détour des couloirs feutrés. Le Bar 8, conçu par Patrick Jouin, est un condensé de “La forêt après la pluie”.

Cerné de cristaux Lalique et d’une pluie de cristal Murano, le bar affiche à sa carte plus d’une quarantaine de champagnes à sabrer dans le grand jardin intérieur fermé par un mur végétal de toute beauté. Bolinger, Veuve Clicquot, Ruinart, Dom Perignon, Delamotte, Laurent Perrier… Qu’il serait bon de buller, buller et se réveiller dans une suite de 350 m². Non ? Pour le moment vous pouvez déjà vous offrir le luxe d’un “tchin” du dimanche soir, murmuré en secret au Mandarin Oriental.

La suite se passe du côté de chez Thierry Marx. Le thaumaturge y dessert 2 restaurants dont le fameux “Sur-Mesure”, un écrin immaculé, habillé d’un puits de lumière, à la déco très très minimaliste et au drapé contemporain, histoire de tourner de l’œil devant le déballage de saveurs (après avoir franchi un SAS de purification menant au restaurant). Le “Camelia”, quant à lui, second choix pour une restauration plus accessible, est doté d’un comptoir de pâtisserie achalandé par un ancien sbire de Philippe Conticini (La Pâtisserie des Rêves). Des pâtisseries, à la pelle, à déguster sur place ou à emporter chez soi.

La visite se poursuit dans l’une des, je disais donc, 138 chambres et suites les plus spacieuses de Paris : de 38m² à 350m² dont certaines disposent d’une terrasse donnant sur le jardin intérieur et de 7 suites duplex couvrant le 7ème et le 8ème étage. (7ème ciel……….). Là, des reproductions du photographe Man Ray, ponctuent l’harmonie subtile de gris, prune, rose parme et vert anis du lieu. Une surabondance de couleurs, de références et une douceur de “profiter de vivre” qui ne subsiste qu’ici ou là, dans le triangle d’or de Paris. Merci pour la visite Mandarin Oriental, il ne reste qu’à rêver mieux…

Mandarin Oriental, 251, rue Saint-Honoré, 75001 Paris. 01-70-98-78-88

Rien ne vaut un dimanche soir qui s’étire à savourer un cocktail sophistiqué… Non, je ne parle pas du mojito blafard du samedi, rien à voir ! Ne négligez pas le dimanche soir, ne sous-estimez pas son potentiel. Un peu de finesse et la caresse gourmande d’un cocktail raffiné lui permettront de chasser la perspective du perfide lundi.

Au programme anti-blues de la rentrée dimanche prochain : deux spots et zéro points communs ! Le plus select ; Le Baudelaire : le bar de l’hôtel Burgundy. Cette adresse confidentielle à l’ombre du quartier St Honoré fait figure d’asile chic et feutré. L’on pénètre à pas de loups sur son joli sol marbré, tissé de fil de laiton. A l’intérieur, le plafond déroule une fresque monumentale inspirée des Fleurs du Mal et signée Marco Del Re. Ambiance tamisée et rideaux velours nuit créent une sorte de barrière de protection contre la réalité

Un joli patio accueille nos apéritifs d’été et la carte des cocktails, mise en scène par le chef barman Bastien Poulvelarie,  rend hommage à Baudelaire et au cognac, dans tous ses états. A tester : “L’idéal” : mélange de cognac, citron vert, menthe poivrée, sucre vanillé, angustura et ginger all… Les notes de piano font vibrer chaque gorgée et la soirée du dimanche se pare de mille délices….

Spot n°2/ Le plus bistrot-quali : Rendez-vous au carrefour d’Alésia dans cette grosse brasserie sympatoche “Le Bouquet d’Alésia“. Inutile d’opter pour une pinte de grim’ (assoifés du dimanche que vous êtes !), faites escale rayon cocktails. La particularité du Bouquet est de proposer un carte de cocktails élaborés à base de vin.

Des exemples ? “L’Angevin”, un mélange de chardonnay, crème de melon, Cointreau, citron et limonade. “Rouge plaisir” : à base de brouilly, Cointreau, crème de fraise, crème de framboise, citron et limonade. Subtilement dosés et pas trop sucrés ces cocktails du dimanche constituent les prémices à une fringale de cheeseburger et de frites bien dorées…

A vous de choisir !

Le Burgundy, le Baudelaire : 6-8, rue Duphot 75001. Ouvert de 8h30 à 00h. Cocktails : environ 18 €
Le Bouquet d’Alésia : 74, avenue du Général Leclerc 75014. Ouvert jusqu’à 4h. Cocktails à partir de 9,9€

En ce moment, il y a les soldes, les terrasses des cafés sympas où l’on aime s’asseoir pour dire : “non, mais t’es pas au courant ?!!”, les parcs en fleurs et la douceur d’être ici, à Paris. Et puis soudain, on pète son talon, on loupe le métro, on joue des coudes à la boulangerie, l’addition du café chiffre 5 euros… Alors là, tout s’écroule ! Vite, la fuite, Saint-Malo et les galettes en fête. C’est à 3 heures de Paris.

La cité Corsaire, fondée au 12ème siècle, doit son nom à un moine gaulois Mac Law qui posa ses guêtres ici. Agrandie par Vauban (pour faire court), la citadelle ceinturée de remparts de 1754 mètres enferme 24 hectares de rues pavées et de maisonnées ! Classés monuments historiques depuis 1921, les remparts laissent parfois flotter un drapeau à la devise : ” Ni français, ni breton, malouin suis-je…” Comme si un certain secret se partageait uniquement dans l’enceinte de la cité.

Et bien, ils ont raison ces malouins ! C’est justement cette aura feutrée qui fait le charme éblouissant du premier coup d’oeil sur les remparts et sa cité. Ici, les rues défilent en labyrinthes et les labyrinthes ouvrent les sésames de plages ancrées entre 3 rochers, le long des remparts. La nature a dit oui au granit et la mer s’ouvre comme un vaste possible.

Dinard juste en face, Cancale non loin et la baie… du Mont St Michel. Bientôt. Bon, reprenons. Samedi, 10h, les paupières encore un peu engourdies. Cap sur Dinard, la station balnéaire aux charmes anglais, accessible via les navettes qui font la liaison au pied des remparts toutes les 40 minutes.  Le samedi matin, c’est marché ! Mara des bois et huîtres de Cancale à volonté sans oublier les célèbres galettes vendues à la sauvette dans les camions qui fleurent si bon.

Après ? On retourne dans la chambre douillette et simplissime de son hôtel San Pedro, niché dans le cœur de la cité. Ici, Mireille propose douze chambres avec vue sur la mer ou sans et petit déjeuner maison. Chaque jour, far breton ou œufs brouillés, surprise, c’est sa spécialité ! Laissez-vous tenter par cette escale intra-muros pleine de gaieté, de prix minis doux et de fauteuils zébrés aux allures de la marine.

Et puis, en plus des plages, du cri des mouettes, de la mer et des marées, il y a l’assiette ! Des galettes, du caramel au beurre salé, du kouign aman et des huîtres à volonté… Sur la rive droite de l’estuaire de la rance, au bord de la Manche, sévit un communauté d’irréductibles gourmands-beurre salé ! Les malouins…

Et la palme de la meilleure galette revient VRAIMENT à La Bergamote, située sur le parvis de la cathédrale (aux magnifiques vitraux) de la cité corsaire. Dans ce restaurant-salon de thé, dépositaire de la marque de thés “Mariage Frères” (oui, vous ne serez pas perdus), le temps s’arrête et l’on renoue avec le beurre, le cidre et les litres de crème qui recouvrent les gâteaux exposés dans la vitrine. Dimanche s’étire, Paris s’efface dans la torpeur d’un talon coincé entre deux pavés et nous, on crie : é-ter-ni-té !